Expositions et rendez-vous

Expositions et rendez-vous

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Le centre d'art défend des formes artistiques émergentes et souhaite faire découvrir la pluralité de leurs expressions. Son projet culturel suit comme mots d’ordre le soutien et l’accompagnement aux artistes, le partage de problématiques professionnelles autour de l’art contemporain aux côtes de missions de sensibilisation, de médiation et d’actions artistiques.

Sa programmation s’organise autour de trois expositions par saison, en majorité collectives, incluant tous les deux ans une nouvelle édition de la Biennale de la jeune création, un événement et une exposition collective dédiés à la promotion et à l’accompagnement d’artistes émergents. De jeunes commissaires sont également invités régulièrement à mettre en œuvre leurs projets.

D’une durée de 6 à 8 semaines, les expositions se construisent sur la base d’invitations collectives aux artistes et de cartes blanches qui permettent de mêler des œuvres existantes -et donc des missions de diffusion-, à une démarche active de (co) production et de soutien à l’émergence de nouveaux projets, parfois in situ. C’est avec la même ambition que le lauréat de la Biennale bénéficie d’une résidence de création sur-mesure de plusieurs mois. De ce dispositif, Un·e artiste en ville naît la seule exposition personnelle de la programmation.
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Prochaine exposition

"Contre-souvenir" - Exposition personnelle de Luis Carlos Tovar 
Exposition du 21 janvier au 11 mars 2023

Au commencement, un homme a été privé de sa liberté et entraîné au cœur de la manigua, la forêt tropicale, marécageuse et impénétrable de l'Amazonie colombienne ; ce terme est également utilisé pour qualifier une question complexe ou confuse. Le père de Luis Carlos Tovar, enlevé par les Forces Armées Révolutionnaires en 1980, a erré plusieurs mois dans la forêt avec ses ravisseurs. Pour lui, la manigua était comme une maison où le jour ne se lève jamais. Dans un acte intime de résistance, il s’est mis à collecter des plantes, des plumes et des papillons qu’il conservait entre les pages des livres de Marx, Lénine et Che Guevara que les guérilléros le forçaient à lire. Collecter des spécimens et se livrer à la taxonomie de la nature sombre, violente et inextricable à laquelle il était confronté (celle de la jungle, celle de ses preneurs d’otage) était une stratégie de survie.

Pendant ce temps, dans son foyer, un autre type d’archives était constitué par la mère de Luis Carlos Tovar, là aussi pour tenter de tenir la peur en respect : coupures de presse faisant état de l’enlèvement, photographies, plans, lettres de menace et de négociation envoyées par les guérilléros, et télégrammes de soutien des proches. Perdu dans l’accumulation de documents précieusement conservés pendant la captivité de son époux, se trouvait une image fondamentale pour le processus créatif que Luis Carlos allait engager quarante ans plus tard : le Polaroïd que les ravisseurs avaient envoyé comme preuve de vie. À partir de cette image soigneusement cachée et de ces archives héritées, Luis Carlos Tovar a développé une réflexion profonde centrée sur la tentative de reconstruction de la mémoire familiale. Cette recherche l’a mené à interroger mécanismes collectifs qui permettent de bâtir l’histoire ou de systématiser l’oubli des réalités intimes qui la composent.

Le rituel d’exhumation du legs familial entrepris par Luis Carlos Tovar a révélé une impossibilité ontologique : celle de revivre le passé à travers des documents à la classification incertaine (les archives constituent-elles une preuve de vie ?). Il a également révélé une certitude scientifique : les spécimens naturels collectés, photographies, livres et documents conservés étaient en cours de décomposition par les micro-organismes qui peuplent la manigua. Dans le travail de Luis Carlos Tovar, manigua et mémoire semblent ainsi revêtir des caractéristiques communes : une forme de vie caractérisée par l'impermanence, la malléabilité et l'auto-cannibalisme.

Luis Carlos Tovar a commencé à creuser dans sa mémoire familiale en 2018. Les projets réunis à La Graineterie (Jardín de mi padre, Friction, Manigua) forment une trilogie qui nous parle de la matière dont est fait le temps et des strates qui composent le regard et la mémoire. L’artiste aborde, avec Contre-Souvenir le temps comme construction intime, historique et symbolique, comme héritage collectif fait de fragments. L’enlèvement du père est une particule infinitésimale dans la forêt marécageuse et impénétrable du conflit colombien. Et, l’artiste parle également des archives comme accident, de la collection comme récit raté, comme preuve d'existence infructueuse. Contre-souvenir recourt au caractère métamorphique du souvenir individuel et commun. Cette trilogie clôt, en somme, un cycle créatif et vital. Grâce à la dissidence créative avec laquelle il aborde l’après-conflit, Luis Carlos Tovar fait converger des temps et des échelles divergents. Le fruit de son travail nous invite à suivre le vol d'un papillon, dont nous entendons le battement d’ailes dans l’obscurité. María Santoyo, novembre 2022

Ce projet a été sélectionné par la commission mécénat de la Fondation des Artistes qui lui a apporté son soutien.

 

Les rendez-vous autour de l'exposition

  • Vernissage

Samedi 21 janvier de 17h à 19h30 en présence de l'artiste. Entrée libre

  • Les matinales

Jeudi 26 janvier à 10h30. 5€

  • 15 minut'chrono

Jeudi 26 janvier à 13h, entrée libre

  • Les P'tites mains

Mercredi 22 janvier à 10h30 (3-5 ans)  en savoir plus et 15h15 (6-8 ans) en savoir plus. 5€

  • Finissage de l'exposition 

Samedi 11 mars. Horaire à préciser. Entrée libre

Les rendez-vous en quelques mots

Chaque saison, médiation, sensibilisation et accompagnement sont les mots d’ordre d’un programme d’actions culturelles en relation étroite avec les projets artistiques du lieu.

Privilégiant l’échange, le développement du regard critique, mais aussi la pratique et la découverte, chaque rendez-vous, régulier ou ponctuel, vise à mieux se rapprocher de la création contemporaine et de ses acteurs.

Autour de chaque exposition sont proposés plusieurs types de rendez-vous.

Les événements 

Les plus récurrents sont les vernissages et les clôtures d’exposition, gratuits et ouverts à tous durant lesquels des actions satellites pluridisciplinaires sont souvent proposées (performances, visites contées, parcours musical…)
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Les visites

Gratuits, ce sont des temps pour découvrir, accompagné, les expositions.

15 minut’ chrono : une visite express sur la pause déjeuner pour découvrir les clés de l’exposition en compagnie d’un médiateur.

Visite Grand format : une visite de l’exposition en compagnie de ceux qui la font : artistes et commissaires !

Votre visite ! La possibilité de réserver un créneau en groupe (dès 5 personnes) avec un médiateur qui vous proposera un parcours entre repères artistiques et discussion.

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La Fabrique

Temps d’échange et de partage autour des expositions, ces différentes formules d'ateliers ou de rencontres sont placées sous le signe de la créativité et de la découverte, en compagnie d’artistes, de personnalités ou d'intervenants spécialisés.

Les rencontres créatives : des rendez-vous privilégiés pour découvrir l’univers d’un artiste ou d’une personnalité et créer à ses côtés.

Les P’tites mains : entre expérimentation et création, ces ateliers thématiques proposent une initiation à l’art contemporain au 3-5 et 6-8 pendant les vacances scolaires.

Les Matinales : ces parcours créatifs et sensoriels sont conçus pour la sensibilisation et l’éveil des tout-petits entre 6 et 36 mois.

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