Interview de Morgane Fourey

Interview de Morgane Fourey

Morgane Fourey © Jean-Michel Da Fonte

Morgane Fourey, ou l’art du faux-semblant

Morgane Fourey est une artiste plasticienne qui brouille les pistes ! Invitée à l’occasion de l’exposition Rémanences, organisée à La Graineterie en novembre dernier, elle a proposé une série de pièces dites « brûlées » simulant une combustion d’œuvres d’art. Initialement conçue en 2017 pour l’exposition Move on up à la MAM galerie de Rouen, l’installation était composée de sculptures, en céramique et en bois, imitant par des jeux de textures la cendre, la suie ou le charbon. « En expérimentant l’acte de destruction, je voulais décrypter ma pratique et son cheminement, et provoquer ainsi une réflexion sur la création contemporaine et sur les questions relatives à la légitimité de l’œuvre et de l’artiste », explique-t-elle. 
À la frontière de la peinture et de la sculpture, de l’art et de l’artisanat, les œuvres de Morgane utilisent l’art du trompe-l’œil, se mettent en scène dans des installations où le faux-semblant semble être la règle.
L’univers de l’artiste, le processus de recherche et de création sont également des constantes dans la démarche de cette plasticienne. Lauréate de la Biennale de la jeune création en 2012, Morgane, qui avait été accueillie en résidence l’année suivante à La Graineterie, avait proposé une exposition intitulée Contre-placage, qui retraçait le déroulement des différents moments d’une exposition : scénographie, accrochage, vernissage… « Être lauréate a été pour moi une occasion de déployer mon travail de manière plus importante qu’auparavant. Pensée comme un historique de la construction d’un projet, cette exposition, avec toutes les expériences qu’elle a pu comporter, a considérablement enrichi ma façon de faire évoluer ma pratique. »

Interview tirée de l'Ovillois n°237, janvier 2020

En savoir plus sur Morgane Fourey