Interview de Maxime Thoreau

Interview de Maxime Thoreau

Vue de l'exposition "Rémanences" - M. Thoreau "Juatsuban" (détail) ; F. Viel "Variation autour d’un paysage" (détail) © Antoine Dumont.

À l'occasion des 10 ans de La Graineterie, l'artiste lauréat de la 10e Biennale de la jeune création Maxime Thoreau s'est confié à notre équipe...

Un artiste de taille

Maxime Thoreau est un artiste sculpteur qui voit les choses en grand ! Invité à Houilles pour l’exposition Rémanences, qui s’est déroulée en novembre dernier, il a présenté une œuvre originale et pour le moins atypique intitulée Ju atsu ban. « Ce terme signifie en japonais la “plaque qui reçoit la pression”, explique l’artiste. Ce sont des croix gigantesques qui se retrouvent sur des pans entiers de montagnes pour prévenir les risques de glissement de terrains lors de tremblements de terre. Le motif étonnant que dessinent ces éléments dans le paysage m’a tout de suite saisi et j’ai souhaité en faire un nouvel axe de mon travail. »

Dès ses premières sculptures, Maxime a toujours emprunté au réel. Très attaché au savoir-faire de la matière (bois, ciment, plâtre…), il réalise des sculptures en volumes, souvent monumentales et inspirées entre autres d’objets industriels. L’œuvre exposée à Houilles s’inscrit également dans cette démarche artistique. « Ju atsu ban a été créée pour l’exposition au centre d’art Le Garage à Amboise, mais c’est la première fois, ici, que j’ai pu la montrer fixée à un mur. Grâce à l’espace disponible de la Graineterie, j’ai pu rejouer la fonction de ces croix en venant recouvrir entièrement une surface de l’exposition, celui du mur de la Verrière. »

Avant d’exposer à Houilles, cet automne, Maxime était déjà venu en 2014 lors de la Biennale de la jeune création où il fut le lauréat. « J’avais seulement 23 ans et la Biennale a été un vrai tremplin dans ma vie d’artiste ! J’ai pu réaliser ma première exposition personnelle, me confronter à des problèmes de production, de calendrier… Ce fut très formateur et un véritable pas en avant vers la professionnalisation de ma pratique », conclut-il.